Objets métaphysiquesEtredir ou la vie amoureuse des mots L’Acrobate Aveugle et son doubleJeudonc le domino des motsLe Carillon Messiaenique

Objets métaphysiques

1- Hochets métaphysiques (argile, L=12cm, 2006); 2-Oeuf métaphysique (argile, H=6cm, 2006); 3 et 4- Toupie métaphysique (argile, H=6cm, 2006)

Bien qu’ouverts à tous les vents, ces petits objets protègent leur centre des regards qui s’insinuent par leurs failles et fissures. Ce précaire au-delà du visible qui tient au creux de la main, une fourmi le traversera sans y prendre garde, passant du visible à l’invisible sans s’émouvoir. Mais il impose à notre regard un chemin particulier, et la question se pose du sens de ce cheminement, du sens de ce détour persistant. A l’intérieur de ces objets quelque chose prend corps à nos yeux que la fourmi ignore et que nous ignorons aussi, mais pas de la même façon car cette ignorance, nous la percevons. Perception, ou conscience d’une absence, d’un lieu sans objet autre que celui d’être approché par les sens, puis pensé. Juste au-delà du sentir un lieu de pure pensée, de pure conscience. Juste au-delà de la conscience de ce qui nous entoure un lieu libéré, sans forme ni matière. Juste au delà de ce qui nous entoure et nous dessine, un lieu dont nous faisons le tour sans parvenir à l’épuiser. A l’intérieur de ces objets, notre regard est contraint dans un sens : ne pas voir. Non pas être aveugle mais ne pas voir quelque chose qui est là et qui ne l’est que pour nous, pour notre regard. Et non seulement ne pas le voir mais le frôler, s’y frotter du regard comme l’eau d’un fleuve frotte contre ses berges. Sur les berges de notre regard, une image de ce qu’on nomme métaphysique ?